BIOGRAPHIE


Mademoiselle Kat | Photo Laetitia Kitegi ©
La communication triomphante mène son impressionnant assaut. Dans la cité, les publicités grand format arborent fièrement en lettres jaunes fluos sur fond noir le slogan idoine : "minitel rose 3615 Ulla", les posters de concerts rock pullulent sur les murs aveugles et les affiches dénonçant les essais nucléaires dans le pacifique essayent de se faire une place parmi les mètres de graffitis à l’américaine qui gueulent fort leurs égocentrisme impersonnel. Parfois dans les coins les plus reculés subsistent quelques stickers et pochoirs eighties, protohistoire murale succédant au fameux message de 68. La ville vit, elle n'est pas propre, les strates et les couches d’ expressions directes s'empilent à travers les siècles, allez faire un tour à Pompéi pour vous en persuader.... Dans la douceur ouaté des chaumières le paysage télévisuel bouge lui aussi : les Simpsons débarquent en force et les gamins de South Park imposent avec humour leur langue chantante, les Nuls sont en prime time pendant que les guignols les épaulent de leur anticonformisme jouissif.

C’est au centre de ce maelström d’images et d'énergie électrique qu'apparaissent sur les murs de la ville les silhouettes féminines de Mademoiselle Kat. À l'aube des nineties, elle participe avec une poignée d'activiste à la création d'un mouvement singulier. Figures de femmes peintes à la main sur les murs des villes et signature affirmée comme une marque font l'identité de cet élan foisonnant et positif. La proximité directe avec tous les publics font de ces peintures l'acte de foi d'une pratique démocratique de l'art sans aucun cloisonnement. L'art est dans la rue ! . Le succès d'estime est immédiat et la visibilité maximum. Les filles sont dans la rue et presque tous les matins une nouvelle "fille" de Mademoiselle Kat orne les murs de la ville.

Mademoiselle Kat brouille les pistes. Ici high et low cultures se mélangent dans un tourbillon enivrant. En plus d'être une des pionnières françaises d'un mouvement aujourd'hui connu de tous, elle a toujours distingué sa pratique de l'univers orthodoxe et ultra codifié du graffiti. La signature n'est pas le seul enjeu qu'elle manipule. Le travail s'inscrit dans une démarche picturale in situ. Les mutations urbaines sont le terrain de jeu idéal à ses inscriptions sauvages et illégales dans l'espace public, les friches, les murs, les trains, les toits deviennent les supports interdits à une pratique originale et généreuse. Des femmes colorées et triomphantes éclaboussent les murs de la cité ! . Les temps changent. Non, Mademoiselle Kat n'est ni une énième marque de fringues branchées ni une rock star alternative, c'est une artiste de la rue qui se joue des clichés et stéréoty- pes que véhiculent la publicité et la communication autour de l'image de la femme. Dans un grand écart sémantique elle hybride certaines figures classique de l'histoire de l'art avec certaines "images" issu de la pop culture.

Après plus de quinze années à sillonner de nombreuses capitales, de Barcelone à Londres en passant par Bruxelles et Chongqing , les filles et les femmes de Mademoiselle Kat ont habitées des centaines de murs. Depuis secrètement dans le confort de l'atelier, les silhouettes sont devenues personnages à part entière, intégrant des récits complexes fragmentés sur des supports plus classiques, comme la toile ou le papier affiche. De la mine de plomb à la poudre de grafite naturel très fragile en passant par la fluidité des encres, les techniques se sont diversifiées pour étoffer un univers magique où les femmes incarnent des rôles multiples. Le cadre s'est complexifié, les décors sont variés, la galerie de personnage élargie, néanmoins les héroïnes flamboyantes sont toujours présentes. Après Marilyn, Cat Woman, Blondie ou Lilith, d'autres figures plus complexes d'une cosmogonies féminines en perpétuelle évolution sont apparues.

Ces portraits auparavant signes et messages urbains directs sont aujourd'hui partie prenante d'une oeuvre plus vaste. De la vidéo en passant par la toile, l'installation sans jamais renier la fresque, Mademoiselle Kat propose un monde féminin polymorphe où la fiction s'épanouit le long de détournements revendiqués. Allant de l'histoire de l'art au cinéma Italien des années 50 jusqu'aux affiches de l'âge d'or Hollywoodien ou celles du cinéma fantastique bis peuplé de crazy monsters!. Un univers de références élargies, le manga, la culture graffiti dans toutes leurs diversités sont aussi convoqués. Ce melting pot culturel donne à ses peintures de nombreuses strates de lectures.

Malgré tout, l'ancrage dans le réel reste présent, les sujets, les décors empruntent au parcours de l'artiste et ces dernières années des préoccupations plus politiques ont fait leur apparition. L'écologie est venue épauler l'engagement féministe, les monstres séducteurs de pin-up sont peut-être le fruit d'une atmosphère irradiée et leur corps velu une des étapes de nos mutations annoncées. La séduction et le kitsch sont des artifices revendiqués, le cheval de Troie emprunté ici sert un discours teinté de féminisme contemporain et d'une critique acerbe mais discrète des ficelles grossières et agressives des médias.

Venu de la rue, l'art de Mademoiselle Kat tout en multipliant les supports a tendance à y revenir par la générosité et l'universalité de son discours. Un art contextuel à la fois


Manuel Pomar



ÉDITIONS & ARCHIVES





Credits photos : Franck ALix • Damien Aspe • Nicolas Gzeley • Paul Hossfeld • Laetitia Kitegi • Benjamin Roudet • Romain Sarda • Boris Sécretin
Œuvres In Situ — Mademoiselle Kat



IN SITU




PROJETS


Les collaborations artistiques de Mademoiselle Kat décloisonnent sa pratique, elles sont là pour ouvrir son univers et sa réflexion dans d’autres espaces publics.

2024 : Communication visuelle pour les 10 ans du Métronum.
2019 : Lecture d’un texte “ Une autre planête ailleurs dans l’espace” avec Stéphane Arcas et Michel Cloup.
2018 : Carte Blanche à la cinémathèque. Exposition d’affiches élaborées pour l’occasion.
2017 : Carte blanche pour le Métronum. Au programme, KID FRANCESCOLI ( FR), LEXODUS (EN) & ZOMBIE ZOMBIE ( FR) pour la partie live des groupes musicaux. DJ NO BREAKFAST & DJ CIRIAC aux platines jusqu’à 1h du matin sans oublier la délicieuse BETTY CRISPY, notre pin-up qui dansera sous les yeux d’un monstre tout droit sorti des séries Z.







EXPOSITIONS




20142026 - Art mural
Poster movies, Fly girls, chromatic pin-up and monsters since 90’s • 156 • BAD •

Les Peintures murales évoluent, la dimension institutionnelle a permis d’enrichir la narration et la palette de couleurs. Les collages élaborés dans son atelier, ses FLy Girls ainsi que ses Chromatic Pin-Up, se mettent en place dans les espaces stratégiques de la ville et sa périphérie.




2020Jam after covid!

JAM organisé par FISH et OCRE > Ceet, FISH, NASTY, PSYCKOSE, MADEMOISELLEKAT, TILT, MIST, MOMIES, 2PON, TAÏ, SIKE, OCRE, PANKS, 100TAUR, EACK, RUSH, RESO, JOUIR, TWONE, SCOTIE.




2019L’Oasis Des Tempêtes • Ville de Toulouse. ( 6m/13m)



2019 Rose Béton • Festival d’art urbain en collaboration avec la Ville de Toulouse. ( 5m/17m)




2018 > Vertiges contemporains

Exposition du 28 juillet au 4 août Vernissage le 28 juillet 2018.
Programmation artistique : Manuel Pomar • Artist Run Space > Lieu-Commun - Duilhac-sous-Peyrepertuse.



2016 - Mister Freeze  


2015 - Mister Freeze



2015 - Le Mur Oberkampf



2015 - Collages à Paris




2014 - Jardin LC
Programmation artistique : Manuel Pomar - Artist Run Space Lieu Commun.



20042013 - Un espace onirique inséré dans l’espace urbain.




19992003 - Hanky panky girls style, Iconic pin-up & fly Girls




19931998 
KAT & VAN à L’ATTAK!


« C'est dans le campus de l'université du Mirail que j'ai peint pour la première fois en compagnie de Karine sur un mur en 92. Il y avait aussi Mosquito, un de mes potes qui était un des tout premier graffeur toulousain. Avec Karine, nous avons fait un personnage féminin sur toute une longueur de mur qui faisait bien dix mètres de long, puis une peinture murale nommée Alec Eiffel en hommage à un morceau de musique du groupe de rock les Pixies. C'était un acte sauvage, le premier d'une longue série. Nous étions soutenues par le serveur d'un café qui était resté ouvert très tard pour nous. J'ai ensuite rencontré Vanessa ; « Miss Van » étudiait aussi à l'université d'arts plastiques. Elle avait commencé de son côté à peindre avec des graffeurs dans des squats. En discutant avec Vanessa, j'ai parlé de mon intérêt pour les murs et nous sommes parties sur l'idée de faire une peinture murale ensembles. C'est ainsi que tout a commencé. C'est la fameuse période Kat & Van qui a duré de 1993 à 1995: nous avions peu de moyens, du bleu, du blanc et du rouge. Tous les personnages qu'on a pu peindre pendant un an et demi étaient bleu ciel et rose et C'est ce qui nous a fait remarquer. Vanessa a continué ensuite sa route seule, j'ai de mon côté rencontré Fabienne, « Fafi » à qui j'ai transmis les bases de la peinture murale. A mes débuts, tout ce quilest lié à l'art urbain est aussi lié à l'amitié, cela se rattachait pas mal à l'esprit du graffiti. »

Extrait d’une ITW réalisée par Quentin Gassiat.

2018 - Miam Clap


Une résidence artistique de 5 mois


La résidence s’est déroulée durant plus de 5 mois dans l’espace de vie de Mineurs Non Accompagnés, un espace dédié à  l’accompagnement de jeunes exilés.
L’objectif était de créer un lien culturel autour d’un projet déjà en route pour l’arrivée du MIAM  en vacances à Toulouse ( Musée International des Arts Modestes de Séte ).  Les jeunes ont participé à l’élaboration des modules, ils ont passé du bon temps aussi à voir se mettre en place le projet dans l’atelier qui se trouvait au fond du jardin. Des dessins sont ressortis de la résidence. 
Les jeunes sont ensuite partis voir le Musée à Séte en compagnie des éducateurs spécialisés et de Mademoiselle Kat. Un prétexte à partir en vacances avec eux !


Communication visuelle de l’évènement “ le miam en vacances”


Mademoiselle Kat a fait toute la création visuelle en relation avec les collections d’objets d’Hervé Di Rosa et Bernard Belluc, fondateurs du MIAM, Musée International des Arts Modestes.




Exposition à la Grainerie


2018 - Cinémathèque
            
CARTE BLANCHE à Mademoiselle Kat durant le festival “ EXTRÊME CINÉMA” à la cinémathéque de Toulouse. 4 affiches de film ont été peintes pour décorer le hall de la cinémathéque....Frissons et talons aiguilles assurés!